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No. III.

PARALLEL PASSAGES

THE

FROM LE CLERCQ AND HENNEPIN, SHOWING

SOURCES OF HENNEPIN'S ACCOUNT, OF A VOYAGE DOWN THE MISSISSIPPI.

It has been stated in the text, that Hennepin's description of a voyage made by him down the Mississippi is a fabrication, and that he drew his materials from the book published by Le Clercq, six years before the publication of Hennepin's work containing an account of his pretended discovery of the mouth of that river. As a proof of this fact, the following extracts are selected from these two books. The references are to Le Clercq's Etablissement de la Foy, Paris, 1691 ; and to the Amsterdam edition of Hennepin's Nouvelle Découverte, published in 1698. The orthography and punctuation are exactly copied. The first extract relates to the Akansas Indians.

LE CLERCQ. “ Ces Sauvages ne ressemblent pas à ceux du Nord qui sont tous d'une humeur triste & severe. Ceux-cy sont beaucoup mieux faits, honnestes, liberaux, & d'une humeur gaye, la jeunesse même est si modeste, que quoy qu'ils eussent une forte envie devoir le sieur de la Salle, ils se tenoient sans bruit à la porte, & sans oser y entrer. Nous

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vîmes grand nombre de poules domestiques, des troupeaux de poullets d'Indes; & d'Outardes familiers, diverses sortes de fruits, des pesches déja formées sur les arbres, quoy qu'on ne fût encore qu'au commencement de Mars.” Tome II. p. 224

HENNEPIN. Ces Sauvages sont fort differens de ceux du Nord, qui ont ordinairement l'humeur triste, morne, & severe. Ceux-ci sont beaucoup mieux faits, honestes, liberaux, & fort gais. Leur jeunes gens sont si modestes, qu'ils n'oseroient parler devant les Vieillards, à moins qu'on ne les interroge. Nous apperfumes parmi ces peuples des poules domestiques, des poules d'Inde en grand nombre, & des Outardes apprivoisées, comme les Oyes en Europe. Leurs Arbres commençoient déja à montrer leurs fruits, comme les pesches, & autres fruits de cette nature.” p. 259.

The following extract relates to the country of the Taensas, on the bank of the river below the Akansas. It is to be observed, that the Recollect represents his voyage to have occurred in the same season of the year as that of the Sieur de la Salle, that is, in the month of March, so that vegetation, fruits, and the scenery of nature, would be in the same condition, and have the same appearance.

LE CLERCQ. “ Tout ce païs est garni de Palmiers, de. Lauriers de deux sortes, de Pruniers, de Peschers, de Meuriers, de Pommiers, de Poiriers de toutes sortes d'especes. Il y a aussi des Noyers de cinq ou six sortes, dont quelques-uns portent des noix d'une grosseur extraordinaire. L'on nous fit goûter de plusieurs natures de fruits secs que nous trouvâmes fort bons, & gros, l'on y voit aussi de beaucoup d'autres especes d'arbres fruitiers dont je n'ai point vû en Europe, la saison trop peu avancée ne nous permit pas d'en reconnoistre les fruits, nous y remarquâmes des vignes qui avoient passées leur fleur, au reste l'esprit & l'humeur de ces peuples nous parût docile, & traitable, & même capable de raison." Tome II. p. 229.

HENNEPIN. “Ce pays-là est rempli de palmiers, de lauriers sauvages, & de plusieurs autres Arbres qui sont semblables aux nôtres de l'Europe, comme de pruniers, de meuriers, de pêchers, de poiriers, de pomiers de toutes especes. Il y a de cinq ou six sortes de noiërs, dont les noix sont d'une grosseur extraordinaire. Ils ont aussi plusieurs fruits secs, qui sont fort gros, & que nous trouvâmes fort bons. Il y a encore plusieurs Arbres fruitiers, que nous n'avons poient en Europe. Mais la saison étoit alors trop peu avancée pour en reconnoître le fruit: Nous y vîmes des vignes, qui étoient prestes à fleurir. En un mot l'esprit & l'humeur de ce peuple nous parurent fort agreables. Ils sont dociles, traitables, & capables de raison.” p. 264.

We now approach the mouth of the river. It is remarkable that a drum should be heard, and that fishermen and dead bodies should be seen by the Recollect, in the same places in which they were heard and seen by La Salle two years afterwards.

LE CLERCQ. “Après avoir navigé quarante lieuës, nous apperçûmes des pescheurs sur le bord du Fleuve qui prirent la fuite & aussi-tost aprés l'on entendit des Sasacoüest, c'est-à-dire des cris de guerre, & battre le Tambour, c'estoit la Nation des Quinipissa ... Nous entrâmes dans un Village des Tangibao qui avoit esté sacagé & pillé tout recemment, nous y trouvâmes trois cabannes remplies d'hommes morts depuis environ 15. ou 16. jours. Enfin aprés une navigation d'environ 40. lieuës, nous arrivâmes le 6. Avril à une pointe où le Fleuve se divisoit en trois chenaux . Ces trois chenaux estoient beaux & profonds, l'eau estoit Somate au bout de deux lieuës nous la trouvâmes tout-à-fait sallée, & avançans toûjours, nous decouvrions la pleine Mer.” Tome II. p. 235.

HENNEPIN. "Aprés avoir encore navigé pendant prés de trente cinq ou quarante lieües, nous apperçûmes deux pêcheurs sur la rive du Fleuve, lesquels prirent la fuite. Quelque temps aprés nous entendîmes quelques cris de guerre, & selon toutes les apparences le bourdonnement de quelque tambour. Nous apprîmes depuis, que c'étoit la Nation de Quinipissa ...... Nous débarquames fort tard dans un Village sur le bord du Fleuve. On nous a dit depuis, que c'étoit la Nation des Tangibao. Il y a tous les sujets du monde de croire, que ces derniers avoient été saccagez par leurs Ennemis. Nous trouvâmes dans leurs Cabannes dix hommes tuez à coup de flêches .... Nous embarquâmes à la petite pointe du jour & aprés une navigation qui fut encore plus longue que celle du jour precedent, nous arrivâmes à une pointe, où le Fleuve se divise en trois Canaux. Nous passâmes en diligence par celui du milieu, qui étoit tres-beau & fort profond; L'eau y étoit Somache, où à demi salée & trois ou quatre lieües plus avant nous la trouvâmes entierement salée. Poussant encore un peu plus avant nous decouvrîmes la Mer." p. 270.

LE CLERCQ. “ Cette embouchure est éloignée d'environ 30 lieuës de Rio Brave, de 60. de Rio, de Palmas & de 90, ou 100 lieuës de Rio de Panuco où est la plus prochaine habitation des Espagnols sur la côte. Nous estimions la Baye du Saint Esprit au

Nord-est de nostre embouchure; nous sommes tolljours allez depuis la riviere des Illinois au Sud, & Sud Ouest, le Fleuve serpente un peu, conserve jusques à la Mer sa largeur de prés d'un quart de lieuë, est fort profond par tout sans aucun banc, ny rien qui empesche la navigation, quoy que l'on aye publié au contraire. On estime ce Fleuve de huit cens lieuës de profondeur, nous en avons fait pour le moins trois cens cinquante depuis l'embouchure de la rivière de Seignelay." Tome II. p. 238.

HENNEPIN. « Cette embouchure de Meschasipi est élognée d'environ trente lieues de Rio bravo, de soixante lieües de Palmas, de 80. ou 100. lieües de Rio de Panuco sur la côte la plus prochaine des habitations des Espagnols. Suivant cela nous avons jugé par le moien de la boussole, qui nous a toujours été fort necessaire pendant toute nôtre Découverte, que la Baye du St. Esprit étoit au Nord-Est de cette embouchure. Pendant toute nôtre route depuis l'embouchure de la Riviere des Illinois, qui entre dans Meschasipi, nous avons presque toujours navigé au Sud, & au Sud-Ouest jusques à la Mer. Ce Fleuve serpente en plusieurs endroits, & il est presque par tout d'une lieüe de largeur. Il est fort profond, & n'a point de bancs de fable. Rien n'en empéche la navigation, & les Navires même les plus considerables peuvent y entrer sans peine. On estime, que ce Fleuve a plus de huit cent lieües d'étendue dans les terres depuis sa Source jusques à la Mer, en y comprenant les détours, qu'il fait en serpentant. Son embouchure est à plus de trois cent quarante lieües de celle de la Riviere des Illinois.” p. 274.

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