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DISCOURS prononcé à la séance du Comité

de la Société Biblique Protestante de Paris, le Mardi 10 Septembre, 1822.

APPELE' par le président de ce Comité à avoir l'honneur de vous adresser quelques paroles, je suis assuré, Messieurs, que je puis compter sur votre indulgence lorsque je tâche, quoique étranger et très-imparfait dans la pratique de votre langue, de vous témoigner les sentimens d'estime que m'inspire votre noble institution.

Votre dernier rapport nous a vivement touchés; nous voyons la France Protestante presque entière, entourée de vos institutions ; nous suivons avec un intérêt toujours croissant le cours de vos travaux. Les membres de la Société Biblique de Londres surtout éprouvent une véritable joie à mesure que vous avancez dans la carriére vaste et magnifique que vous a ouverte cette entreprise si simple mais si efficace, de répandre parmi vos frères les Saintes Ecritures.

Tout ce que j'ai vu, dans le cours de mon voyage de Weymouth à Paris, m'a réjoui l'âme.

Dans l'île de Guernesey, j'ai rencontré ce vénérable vieillard, M. Pierre Bellanger, dont la touchante libéralité a rempli d'admiration toute la France Protestante. Il m'a dit

que

le Seigneur lui ayant ouvert le cæur par sa grâce, il avait résolu d'en montrer les fruits par un don si convenable à son état. Vous voyez, Messieurs, que ce qui pénètre le ceur et qui produit vraiment de bonnes ouvres, c'est la grâce puissante de notre Sauveur Jésus Christ.

Dans l'île de Jersey, j'ai éprouvé un vif plaisir en trouvant florissante, sous la conduite de Madame Le Couteur, cette Société de dames à laquelle vous avez fait de si nombreux envois de livres sacres. Déjà plus de 2000 Bibles et Nouveaux-Testamens y ont été répandus.

Arrivé dans votre belle Normandie, je me hâtai de goûter les prémices de ces heureux momens que je m'étais promis en France. Nos Sociétés Bibliques ont des découvertes à faire; partout nous déterrerons des frères épars qu'on doit unir avec nous, et que nos Bibles soulageraient dans leur solitude pénible. En Angleterre, l'expérience, nous ouvre toujours de nouveaux chemins pour notre marche bienfaisante, où on l'attendrait le moins. La parole de Dieu est la nourriture des âmes; elle crée d'abord la faim de salut, et ensuite elle la satisfait.

La ville de Caen a déjà une Société dont les commencemens, quoique faibles, inspirent la douce espérance d'un bel avenir. Les membres du Comité m'accueillirent avec une bonté

que je n'oublierai jamais.

Vous connaissez, Messieurs, mieux que moi, l'esprit énergique qui anime votre Société auxiliaire de Rouen. Vous pouvez donc vons représenter le plaisir que j'y goûtai. Je fus heureux d'assister à la réunion du Comité, que présidait M. le pasteur Paumier. Jamais je n'ai vu des amis plus instruits, plus prudens, plus courageux ; ils se préparent actuellement pour l'anniversaire qui doit avoir lieu bientôt, et ils ont arrêté de diviser leur grande ville de 80,000 habitans en districts, afin d'y faire plus commodément la collecte annuelle, et d'y trouver les pauvres protestans pour leur fournir les moyens d'obtenir la parole de vie éternelle. Mon âme tressaillait de joie en voyant s'ouvrir devant eux une carriére si vaste, dont le terme se dérobe à nos faibles yeux. Car, Messieurs, qui peut énumérer les bienfaits qu'une seule de vos Sociétés bibliques auxiliaires peut produire? Les effets de la distribution d'autres livres, quoique bons, sont douteux, faibles, bornés, temporels; les effets de celle de la Bible sont sûrs, solides, illimités, éternels. La Bible n'appartient pas aux sciences du monde; elle ne se mêle pas de la politique des états, elle n'irrite pas les passions humaines; elle révèle le remède de tous nos maux, elle proclame la paix en Jésus Christ, elle prêche la rémission des péchés et la conversion du coeur, elle réunit l'homme à son Dieu. Voilà le fondement d'une saine morale, la source de l'amour envers Dieu et envers les hommes, le lien des familles, des voisinages, des pays, des nations les plus éloignées du monde entier.

Qu'il est doux, Messieurs, de considérer que, par vos travaux, vous êtes déjà parvenus à établir tant de Sociétés pour ce pur et saint objet, dans votre belle et noble France, laquelle, par sa position géographique, sa population immense, son génie et son esprit, doit toujours exercer une influence si marquée sur l'état religieux de l'Europe! Et assurément les protestans, quoique peu nombreux, en veulent partager et le travail et la gloire.

Personne ne peut poser d'autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ. Les effets qui en suivront seront convenables à cette divine cause. La parole de Dieu, comme lui-même, n'est que la pure vérité, n'est que

la lumière, la paix, la joie, le bonheur. Tout autre guide nous trompe. Vous avez acquis une expérience effrayante de ce qu'une vaine philosophie peut produire. L'infidélité a déployé ses forces; l'esprit humain a tâché de conduire les hommes égarés; la sagesse du siècle, les lumières des sciences, les prétentions de l'orgueil, les éclairs du génie, le poison du ridicule, ont essayé leurs arts; et quels fruits ont-ils produits? Il faut retourner enfin à ce Sauveur, qui est le chemin, la vérité, et la vie. La Bible, comme le soleil, peut seule dissiper les ténèbres de notre fausse sagesse. Elle seule est le guide de foi, d'espérance et des moeurs. A mesure qu'on s'écarte de cette règle du salut, tous les maux nous envahissent, la cité chancelle, les murailles tombent, et l'ennemi entre sans opposition; la citadelle s'écroule, des misères en foule menacent. Mais à mesure qu'on rentre dans la règle des Ecritures, tout se renouvelle; la Bible gagne les cours, la sagesse de Dieu confond les impies et illumine les humbles; les Protestans languissans se raniment, 'ils retournent aux principes de leurs ancêtres; ils entendent les vérités sur lesquelles repose la glorieuse réformàtion; ils honorent, ils reçoivent, ils aiment, ils embrassent à cour ouvert la propitiation et la grâce de ce Sauveur, dont la mort nous a mérité la rémission des péchés, et dont la résurrection triomphante nous a procuré le don du Saint-Esprit. Voilà, mes frères, le vrai protestant, celui en qui les pères de nos églises réformées revivent. Celui-là n'est pas Chrétien, à qui il suffit de s'appeler ainsi, d'écrire et de parler en controversiste, d'entretenir l'aigreur et l'opposition envers les dissidens; mais celui qui entend sa Bible, qui aime son Sauveur, qui suit sa croix, et qui se consacre à sa gloire et au

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