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Får fich schon hat unter den neuern Sprachen die franzffis fche vor allen übrigen als Briefsprache entschiedene Vorzüge, die fich in allen den Vorziigen gründen, welche ihr als Umgangss sprache gebühren. Aber Voltaire hat diese Vortheile nicht bloß benukt, sondern durch sein Talent und so feines als reiches Ges fühl gar sehr erhsht. In der vollståndigen Sammlung seiner Werke macht die Correspondance Générale allein fiebzehn Baude aus, und außerdem ift in den übrigen Bånden keine geringe Anzahl jerstreut enthalten. Und kein einziger von dieser großen menge, dem nicht venigstens irgend ein glücklicher und wißiger Gedanke, oder doch eine feine und finnreiche Wendung zur Ems pfehlung gereichte. Auch in dieser Gattung ist die Frudytbarkeit und Gemandbeit dieses außerordentlichen Geiftes bewunderns würdig.

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Monseigneur!
J'ai reçu, le 12. du present mois,

le 12. du present mois, la lettre de votre Altesse royale du 19. Novembre; vous daignez n'aver. tir, par cette lettre, que vous avez eu la bonté de m'adresser un paquet contenant des méinoires sur le gouvernement du Czar Pierre I., et en même temps, vous m'avertisez, avec votre prudence ordinaire, de l'usage retenu que j'en dois faire. L'unique usage que j'en ferai, Monseigneur, fera d'envoyer à votre Altesse Royale l'ouvrage rédigé selon vos intentions, et il ne paroitra qu'après que vous y aurez mis le sceau de votre approbation. C'est ainsi que je veux en user pour tout ce qui pourra partir de moi; et c'elt dans cette vue que je prends la liberté de vous envoyer aujourd'hui, par la route de Paris, sous le couvert de Mr. Bork, une tragédie que je viens d'achever et que je soumets à vos lumières. - Je souhaite que mon paquet parvienne en vos mains plus promptement que le vôtre ne me parviendra.

celt

Votre Altesse Royale mande que le paquet contenant le mémoire du Czar et d'autres choses beaucoup plus précieuses pour moi, est parti le 10. Novembre, Voilà plus de fix semaines écoulées, et je n'en ai pas encore de nouvelles. Daignez, Monseigneur, ajouter à vos bontés, celle de m'instruire de la voie que vous avez choisie, et le recommander à ceux à qui vous l'avez confié. Quand votre Altesse royale daignera m'honorer de ses lettres, de les ordres, et me parler avec cette bonté pleine de confiance qui me charme, je crois qu'elle ne peut mieux faire que d'envoyer les lettres à Mr. Pidol, maître de poste à Trêves; la seule précaution est de les affranchir jusqu'à Trèves; et sous le couvert de ce Pidox, seroit l'adresse à d'Artigny, à Bar-leDuc. A l'égard des paquets que votre Altesle royale pourrait me faire tenir, peut-être la voie de Paris, l'adresse à l'entremise de Mr. Thiriot seraient plus commodes.

Ne vous lassez point, Monseigneur, d'enrichir Cirey de vos présens. Les oreilles de Madame de Chà. telet font de tous pays, aulki bien que votre ame et la fienne. Elle se connoit très - bien en musique italienne; ce n'est pas qu'en général elle aime la musique de prince. Feu Mr. le Duc d'Orléans fit un opéra détes, table nommé Panthée. Mais, Monseigneur, vous n'êtes pour nous ni prince, ni roi; vous êtes un grand homme.

Beisp. Samml. 8. BD, 1. Abth.

On dit que votre Altesse royale a envoyé des vers charmans à Madame de Popelinière. Savez-vous bien, Monseigneur, que vous ètes adoré en France; on vous y regarde comme le jeune Salomon du Nord. Encore une fois, c'est bien dommage pour nous que vous soyez né regner ailleurs. Un million ou moins de rente, un joli palais dans un climat tempéré, des amis au lieu des sujets, vivre entouré des arts et des plaisirs, ne devoir le respect et l'admiration des 'hom mes qu'à soi-même, cela vaudroit peut être un royaume, mais votre devoir est de rendre un jour les Pruffiens heureux. Ah qu'on leur porte envie!

Vous m'ordonnez, Monseigneur, de vous présenter quelques regles, pour discerner les mots de la lanlangue française qui appartiennent à la prose, de ceux 'qui sont consacrés à la poésie. Il serait à souhaiter qu' il y eut sur cela des régles; mais à peine en avons nous pour notre langue. Il me semble que les langues s'établissent comme les loix: de nouveaux bésoins, dont on ne s'est aperçu que petit à petit, ont donné naissance à bien des loix qui paroissent le contredire.

Il semble que les hommes aient voulu se conduire et parler au hazard. Cependant, pour mettre quelque ordre dans cette matiére, je distinguerai les idées, les tours et les mots poétiques.

Une idée poétique, c'est comme le fait votre Al. tesse royale, une image brillante substituée à l'idée naturelle de la chose dont 'on veut parler; par exemple je dirai en prose: Il y a dans le monde un jeune prince vertueux et plein de talens, qui déteste l'envie et le fanatisme. Je dirai en vers:

O Minerve! Ô divine Astrée!
Par vous fa fagefle inspirée
Suivit les arts et les vertus.
L'envie au coeur faux, à l'oeil louche
Et le Fanatisme farouche
Sous ses piés tombent abattus.

Une tour poétique, c'est une inversion que la prose n'admet point. Je ne dirai point en prose: D'un maitré efféminé corrupteurs politiques, mais corrupteurs politiques d'un prince efféminé. Je ne dirai point:

Tel, et moins généreux, aux rivages d'Epire,
Lorsque de l'Univers il disputoit l’Empire,
Confiant sur les eaux, aux aquilons mútins,
Le destin de la terre, et celui des Romains,
Defiant à la fois et Pompée et Neptune,
Célar a la tempête opposoit la fortune.

Ce César de la sixième ligne est un tour purement poétique, et en prose je commencerais par César.

Les mots uniquement reservés pour la poésie, j'entends la poélie noble, font en petit nombre; par exeinple, on ne dira pas en profe coursiers pour chevaux, diadème pour couronne, empire de France pour royaume de France, char pour carose, forfaits pour crimes, exploits pour actions, l'empyrée pour le ciel, les airs pour l'air, fastes pour registre, naguère pour depuis peu, etc.

A l'égard du stile familier; ce sont à peu près les mêmes termes qu'on emploie en prose et en vers. Mais j'oserai dire que je n'aime point cette liberté, qu' on se donne souvent, de mêler dans un ouvrage qui doit être uniforme, dans une épitre, dans une satire, nou-seulement les ftiles différens, mais encore des

langues

langues différentes; par exemple celle de Marot, et celle de nos jours. Cette bigarrure me déplait autant que feroit un tableau où l'on inèlerait des figures de Calot et les charges de Téniers avec des figures de Raphaël. Il me semble que ce mélange gâte la langue, et n'est propre qu'à jeter tous les étrangers dans l'erreur.

D'ailleurs, Monseigneur, l'usage et la lecture des bons auteurs en a beaucoup plus appris à votre Altelle royale que mes réflexions ne pourraient lui en dire.

Quant à la Metaphysique de Mr. Wolf, il' me paroît presque en tout dans les principes de Leibnitz. Je les regarde tous deux comme de três-grands philosophes; mais ils étaient des hommes, donc ils étaient sujets à se tromper. Tel qui remarque leurs fautes est bien loin de les valoir: car un soldat peut très- bien critiquer son général, sans pour cela être capable de commander un bataillon.

Vous me charmez, Monseigneur, par la défiance où vous êtes de vous-même, autant que par vos grands talens. Madame la Marquise du Châtelet, pé. nétrée d'admiration pour votre personne, mêle ses respects aux miens. C'est avec ses sentimens, et ceux de la plus respectueuse et tendre reconnoillance que je suis pour toute ma vie, etc.

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